 Bordeaux Primeurs 2012 : résultats (11)
2012 : conclusion 2012 est un millésime assez facile à juger, auquel j’étais préparé depuis les vendanges et mes premières dégustations de lots avant et après les fermentations malolactiques ou encore avant l’assemblage définitif. C’est un millésime moyen avec des réussites attachantes réalisées à la force du poignet. Je vous ai présenté 628 vins, les meilleurs. Les moins bons sont dilués et assez verts. Sans une assise qualitative large allant du simple Bordeaux au plus cher des premiers crus, un millésime ne peut avoir de réputation. On oubliera 2012. Il reste le cas par cas, les exceptions aimées et seulement connues des grands amateurs qui s’informent pour trouver la bonne affaire. Il en existe en 2012. Je m’étonne qu’elles soient si peu connues. Voilà le signe d’un manque de maturité du monde du vin, depuis les producteurs jusqu’aux consommateurs, fut-ce dans le premier vignoble du monde. Oui que vivent les outsiders !
J’ai goûté les vins sur plus de trois semaines sans remarquer de différences notoires. Je l’ai fait dans plusieurs circonstances : aux châteaux, à mon bureau et chez un négociant en faisant appel à échantillons, à l’Union des Grands Crus tantôt avec la presse, tantôt avec les professionnels, au sein des syndicats. L’expérience prouve qu’il est utile, voire même souhaitable, de recouper les sensations perçues et d’éviter de s’en tenir à une seule dégustation spécialement organisée pour moi et qui sait pour mon goût. Ce travail prend du temps, de l’énergie. Cependant il apporte une profondeur d’informations incommensurable sur mon environnement. Dans ce contexte, je m’étonne de la hauteur des notes que l’on me fait connaître de-ci de-là. Quelle surprise de voir que certaines dépassent les espoirs les plus fous de nombreux propriétaires ! Voir des notes aussi hautes que pour les 2005, les 2009 et les 2010 me fait tout à la fois éclater de rire et déplorer l’injustice de la situation pour le lecteur crédule et passif que le vin fait rêver. La critique s’amenuise. La communication s’organise tandis que ne cesse de grandir la foule des courtisans, distributeurs de notes un jour et acheteurs de vins tout le long de l’année ! Ne vous méprenez pas !
A propos des vins que je n’ai pas goûtés J’invite les personnes nouvellement abonnées qui ne trouvent pas d’éléments d’appréciation en 2012 sur Cos d’Estournel, Climens ou Ducru Beaucaillou, à lire ce que j’ai publié sur ces crus dans mon guide. Cette année, Pavie ne m’a pas reçu. Je n’y avais pas été depuis dix ans (sauf brièvement en 2009 ou 2010) préférant goûter le cru dans les manifestations où il se présentait. Cette année, je souhaitais rencontrer Monsieur Perse pour aborder très directement avec lui quelques sujets. Je regrette de ne pas avoir pu lui poser la question suivante droit dans les yeux : « osmosez-vous les échantillons présentés en primeur ? Et si cela n’a pas été fait pour le 2012, avez-vous eu recours à cette technique pour la présentation d’autres millésimes ? » Une réponse serait très appréciée.
Le prix des 2012 : ils sont tout aussi variables que le millésime et à considérer au cas par cas. L’ambiance n’y est pas. Globalement les clients des primeurs trouvent les prix trop élevés. Ils espéraient un retour au tarif de 2008 et craignent que les prix ne se valorisent pas dans les prochains mois. Alors, pourquoi donc avancer son argent ? Les premières transactions leur donnent raison. En France, la grande distribution est aux achats. On sait qu’elle revendra avec de minuscules marges. Dans ces circonstances, acheter en primeurs ne s’impose que pour les marques adorées ou celles qui disparaissent vite du marché de par leurs petits volumes. Comme souvent, le prix a plus de rapport avec la comptabilité qu’avec la qualité. Les grands châteaux bordelais ne reviennent pas aux prix des 2008 parce que depuis peu la Chine les a dépouillés de tous leurs stocks. Un prix élevé en 2012 permet à des crus riches de refaire quelques provisions en cas de mévente. De fait, certains négociants vivent leur pire campagne depuis longtemps. La règle d’or étant surtout de ne rien dire, de ne rien faire paraître sauf que tout va bien.
Les notes et commentaires seront prochainement disponibles dans la base de données. Avec la sortie des prix, les rapports qualité-prix s’effectueront automatiquement lors de vos recherches.
Stage sur les Primeurs Deux rencontres sont programmées. Une à Paris chez Drouant le jeudi 23 mai . Ils restent 2 ou 3 places.
A Bordeaux le jeudi 6 et vendredi 7 juin. La matinée du 6 est consacrée à la dégustation d’une trentaine de vins les mieux notés. Nous rendrons visite à Palmer, Montrose et Calon Ségur l’après-midi. Le 7, visites à Haut-Brion, Domaine de Chevalier, Angélus et Beauséjour Duffau Lagarrosse.
Conditions de participation sur demande.
Pour lire la suite de ce rapport, nous vous proposons de souscrire un abonnement d'un mois ou d'un an.
 L'interview de Jean-Marc Quarin par Liv-ex
    |