02/09/2026
Chronique 393
Bordeaux 2026 : plus hétérogène, tu meurs (approche numéro 2)
Chronique 393 (2 septembre 2026)
Résumé
En raison de circonstances climatiques extrêmement chaudes, l'évolution dans les vignes des futurs bordeaux rouges 2026 présente une hétérogénéité inconnue à ce jour. Ces faits hors normes me gênent pour anticiper ce que pourrait être la tenue des vins à venir. Les canicules successives en mai, juin, juillet et août ont affaibli les jeunes vignes et ralenti partout la véraison comme rarement. Cette hétérogénéité dans la maturité persistera jusqu'aux vendanges, ce qui pose la question de quand les entamer. Les crus vont procéder parcelle par parcelle, espérant s'adapter à chacune et séparer les plus faibles. Cependant, dans une économie en berne, seule une poignée de propriétés pourra s'autoriser des sélections rigoureuses. L'écart de maturité entre le merlot et le cabernet sauvignon est important. Septembre fera ou défera l'ultime qualité de ce cépage roi dans le Médoc. Des pH inhabituellement élevés inquiètent et entraineront des corrections oenologiques. La petitesse des baies annonce une récolte faible. Certains l'estiment plus prodigue qu'en 2025.
Chronique 393 (2 septembre 2026)
Résumé
En raison de circonstances climatiques extrêmement chaudes, l'évolution dans les vignes des futurs bordeaux rouges 2026 présente une hétérogénéité inconnue à ce jour. Ces faits hors normes me gênent pour anticiper ce que pourrait être la tenue des vins à venir. Les canicules successives en mai, juin, juillet et août ont affaibli les jeunes vignes et ralenti partout la véraison comme rarement. Cette hétérogénéité dans la maturité persistera jusqu'aux vendanges, ce qui pose la question de quand les entamer. Les crus vont procéder parcelle par parcelle, espérant s'adapter à chacune et séparer les plus faibles. Cependant, dans une économie en berne, seule une poignée de propriétés pourra s'autoriser des sélections rigoureuses. L'écart de maturité entre le merlot et le cabernet sauvignon est important. Septembre fera ou défera l'ultime qualité de ce cépage roi dans le Médoc. Des pH inhabituellement élevés inquiètent et entraineront des corrections oenologiques. La petitesse des baies annonce une récolte faible. Certains l'estiment plus prodigue qu'en 2025.
« On fait le vin que l'on peut, on l'aime ou on ne l'aime pas ». Cette formule m'a longtemps laissé perplexe. J'y voyais une forme de renoncement face à une adversité mal définie : parlait-on de la transformation du raisin en vin, jamais totalement maîtrisable, ou, plus profondément, du rapport de force avec la Nature ? Puisque je crois que le goût se construit, comme en témoigne le développement constant des techniques mises à son service, je comprends désormais cette phrase comme l'expression d'une soumission à la Nature. De tout temps, le climat bordelais a été décrit comme doux, tempéré, propice à une maturation lente des raisins : ni trop froid, ni trop chaud, avec l'humidité pour principal obstacle qualitatif. La saison 2026 a rompu cet équilibre. Ses excès inquiétants me ramènent à cette citation de Philippe Courrian, vigneron médocain émérite et rebelle. Je le dis franchement : en trente ans d'observation, c'est la première fois que je me sens aussi désorienté devant ce que ce millésime pourrait donner, tant ce qui paraissait juste, éprouvé et vrai semble se dissoudre. En août, je n'ai pas croisé....


